Autoportraits par temps pluvieux

Thami Benkirane, Maroc

19 novembre 2025

Cette série de photographies a été réalisée en France, en Corrèze,  à la faveur d’un temps pluvieux. Le dispositif utilisé est une table de jardin en aluminium avec un plateau de couleur anthracite en verre trempé. Les gouttes de pluie s’accumulent sur le plateau en favorisant un jeu de réflexion. À cette échelle, chaque goutte capte, à la manière d’un microcosme, un fragment du sujet reflété (en l’occurrence ici mon autoportrait). Cette relation réflexive entre le microcosme de chaque goutte et le macrocosme du photographe opérant en plongée au-dessus de la table ne manque pas de convoquer la théorie mathématique des fractales.

J’ai pris l’habitude dans cette série de porter un chapeau et de lever l’une ou l’autre des deux mains en guise de salutation. Ce geste se répète pratiquement dans chaque goutte d’eau.

Dans l’une des publications sur Facebook, j’avais accompagné l’une de mes photographies par un texte emprunté à Susan Condé (voir référence infra) :

« Zoom avant; regarde : cosmos, ville, arbre. Va plus loin, toujours plus loin! Ainsi peut-on avancer, voyageant à travers les images que l’on voit et qui dansent dans l’infini! Lorsque tu approches la goutte de pluie, la foule, l’écorce de l’arbre, le nuage, c’est une énigme souriante qui vient à ta rencontre. Les formes semblent se répéter alors qu’elles sont en mutation. Tu les vois changer, pourtant elles se répètent. Il n’existe aucun point d’observation simple, unique. De près ou de loin, c’est la même chose qui se révèle. Tu es entrée dans le labyrinthe du réel.

Va plus loin, toujours plus loin! La fractalité apparaît encore et encore, univers en soi et pour soi. Les images se multiplient, prolifèrent, dansent, bougent. Tu entres dans un spectacle de l’infini qui se déplie et se replie, un schéma qui se recrée et se reproduit. » *

fractales 1-2
fractale 1-3
Fractale 2
fractale 4
fractale 5
fractale 7
fractale 1-4
fractale 7

* Extrait de Susan Condé, La fractalité dans l’art contemporain, édition La Différence, 2001, page 31.